la créativité libanaise en avant à londres



Passionnée de design et surtout par les talentueux designers libanais, Syma Debbané, libanaise vivant à Londres depuis 19 ans, a toujours voulu partager le talent de ses confrères avec le reste du monde. Cette année, son désir est devenu réalité. Entrepreneuse dans l’âme, elle décide de monter sa boîte House of Fly (Debbané en arabe), une plateforme pour les designers libanais sur la scène anglaise et éventuellement internationale. 

House of Fly 

__Le rôle de House of Fly est de faire découvrir au monde le talent des designers libanais, leur créativité, leur ingéniosité, leur sens du beau et surtout leur capacité à faire vivre le ‘craft’ au Liban et donc à sauvegarder les productions locales et artisanales. Chaque année, le Crafts Council réunit, dans le cadre de l’exposition Collect, 40 galeries internationales à la Saatchi Gallery qui a eu lieu du 28 férvier au 15 mars derniers. Elles exposent et font découvrir aux aficionados et collectionneurs de design, de nouvelles pièces et de nouveaux talents dans le monde du ‘craft’ (ou l’artisanat). Syma s’inscrit à Collect comme nouvelle galerie et après une rigoureuse sélection par le comité, elle est invitée à participer à la foire. C’est là que l’aventure a commencé. 

Le début de l’aventure House of Fly 

__“House of Fly a pour but de créer un impact, de se faire connaître et de se démarquer sur la scène mondiale comme une véritable start-up.” C’est pour ça que Syma Debbané est pointilleuse sur le choix des artistes spécialisés dans le mélange des ‘crafts’ et surtout dans le design du stand. D’ailleurs, lors de l’exposition, le stand de House of Fly a été dessiné et exécuté par Shereen Doummar. En 4 mois chrono, il aura fallu créer la boîte, monter la structure de toutes pièces et rentrer dans la cour des grands. Syma Debbané a voulu se démarquer des autres galeries à la Saatchi. Non seulement de par le choix des pièces exposées, mais aussi en insufflant un vent nouveau dans le design de son stand. Ainsi, elle a fait appel à la talentueuse, créative et visionnaire Shereen Doummar. Récemment diplômée de la fameuse école d’architecture de Londres, la “Architectural Association School of Architecture“, et boursière et lauréate du prix Renzo Piano Building Workshop, Shereen Doummar avait travaillé à New York dans la boîte d’architecture REX. Elle est actuellement basée à Londres et travaille sur de multiples 

projets. Elle vient aussi de terminer un projet encore confidentiel pour une galerie d’art du centre de Londres, qui ouvrira ses portes en octobre prochain. Riche de son expérience professionnelle et académique, Shereen Doummar prend à sa charge le challenge et en un temps record, House of Fly était prête pour exposer ses oeuvres à la Saatchi Gallery. 

House of Fly à la Saatchi Gallery

__Shereen Doummar a dessiné pour House of Fly un stand unique. Ce dernier, au design simple et épuré, occupe 16m2. L’espace est carré et défini par trois murs continus aux coins arrondis. La surface en courbe permet ainsi de présenter une continuité dans les pièces exposées. De même, la courbe, forme présente dans tous les aspects du stand, répond à la sélection des pièces d’art présentées par la galerie. L’espace en lui-même était une invitation à la découverte. “On pouvait y circuler facilement avec, au centre, cinq socles cylindriques qui permettaient de mettre en avant les oeuvres des artistes. La surface des socles sur laquelle repose l’art était conçue d’une tôle en miroir pour créer un reflet des pièces.” Pour sa première exposition, House of Fly a accueilli cette année trois designers libanais qui ont fait un tabac : Georges Mohasseb avec ses fameuses pièces en résine et laiton, les Avocado tables avec la Charleston console ; Alia Mouzannar et ses bijoux modulables qui ont laissé les visiteurs en pamoison devant tant d’ingéniosité et de haut calibre de travail ; et enfin le duo Mary-Lynn Massoud et Rasha Nawam, incontournables céramistes avec leur collection “Grab One”, ode à la sexualité et à la sensualité, élevant le sein au statut d’icône.

__Le Liban toujours à l’honneur dans le monde grâce à son meilleur capital, ses enfants.

texte: Jeannine Y. Abi Khalil


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