la maison des sources au coeur de ain zhalta



© Nada Karam

__Qui connaît Fadi et Alia Mogabgab connaît leur maison et leur résidence d’artistes à Aïn Zhalta. Le galeriste (originaire du village) et la joaillière y ont élu domicile il y a de nombreuses années déjà et ouvrent aujourd’hui, avec leurs amis Camille et Damien Degueldre, une maison d’hôtes où le silence accompagne un coucher de soleil paisible. 

__Il y a deux ans, la maison collée à celle des Mogabgab est mise en vente. Le galeriste y pense, en rêve. Le prix est important et sa crainte de la voir partir n’importe comment le laisse éveillé plusieurs nuits de suite. Puis le propriétaire, ancien prétendant de la tante de Fadi Mogabgab, se résigne enfin à baisser le prix. La tentation devient plus grande. Deux maisons à Aïn Zhalta, pourquoi en acquérir une troisième en mauvais état ? Les Degueldre, amoureux de la région et y passant de nombreux week-ends trouvent la solution. Pourquoi ne pas la reprendre et en faire une maison d’hôte ? Là, à côté de ce mûrier qui a vu tant d’histoires se dérouler. Ensemble, ils l’achètent et débutent les travaux. Elle restera comme à son origine, et Shérif Aoun, leur architecte et ami, le comprend tout de suite. Rien ne sera changé. Elle sera uniquement ramifiée. Les voûtes seront préservées et accueilleront les futurs clients dans ce grand salon où l’on trouve une multitude de jeux de société et de livres, c’est un vrai havre de paix. Sur le bar qui fait office de réception trônent deux grands paniers de foul et de bazella qui font le bonheur des enfants des propriétaires. 

__Juxtaposant cette grande salle se trouvent la cuisine et la salle des repas. Repas authentiques du petit-déjeuner, préparés par les hôtes et le personnel qui les aide. Labné, man’ouché, confitures, oeufs cuits dans une poêle en terre cuite, olives vertes et menthe fraîche, café, thés, laits d’amande ou de soja, le buffet est riche. Les rires se font entendre et les hôtes proposent une marche dans la réserve des Cèdres et aux plus petits de 


faire de l’accrobranche ou du cheval. Leur nuit, ils l’ont passée soit au rez-de-jardin, dans une des quatre chambres, chacune au style unique, soit à l’étage de cette maison typiquement libanaise. En haut, on retrouve sept chambres et un grand salon où l’on se sent comme à la maison. Et c’est ce qui fait l’identité de la Maison des Sources. C’est un peu comme notre maison, loin de la maison. Une maison où les chambres sont aménagées avec beaucoup de goût par les Mogabgab et les Degueldre. Des chambres épurées aux hauts plafonds qui laissent respirer l’air frais de la montagne. Air frais que l’on prend à pleins poumons sur l’immense terrasse qui longe quelques-unes des chambres. On s’assoit sous la pergola et les enfants galopent dans tous les sens. 

__Quand le coucher du soleil pointe le bout de son nez, les cigales se taisent peu à peu, laissant la place au silence apaisant de la montagne libanaise. On entend au loin la douce musique de la source qui passe en-dessous de la maison et les grenouilles commencent à chanter. La nuit tombe et le ciel est constellé. Les étoiles brillent et le village s’apprête à dormir. On peut dîner à la Maison ou prendre le chemin de Nabeh Safa et manger une kebbé nayyé chez Yammine. Le sommeil se fait rarement attendre, l’air pur donnant envie de plonger très vite dans les bras musclés de Morphée qui arrive sans trop tarder. Et quand vient le petit matin, et que les effluves de la fleur d’oranger du gel douche caressent la peau, on n’a qu’une envie… rester.

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texte: Eva Sfeir



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