les designers de demain la mode au masculin

Ils sont jeunes, talentueux, cool et connectés. Leur avenir s’annonce radieux et la relève est assurée. Comme Yves Saint Laurent en 1957 qui, à 21 ans, succède à Christian Dior en tant que directeur artistique de la Maison Dior, ces hommes créateurs tirent déjà leur épingle du jeu. Qu’ils soient à la tête de grandes maisons de couture, ou de leur propre griffe, ils ont tous déjà une vision personnelle de la mode, un style, un début de parcours repéré par les éditeurs mode, les influenceurs, et fashionistas à l’affût des nouvelles tendances. Voici donc les hommes de la nouvelle génération, ceux qui s’inspirent des grands du passé pour créer un futur meilleur, ceux pour qui la mode est un terrain de jeu, un moyen d’exprimer leur vision du monde avec humour, provocation, audace, et bien sûr avec talent.

Alexander Wang, Directeur artistique Alexander Wang, New York

__Le cool kid de la mode naît de parents américanotaïwanais à San Francisco, en Californie, le 26 décembre 1983. Ses années passées à San Francisco ont contribué à définir son esthétique et sa personnalité décontractée. On voit rarement Wang en costard, son style, c’est plutôt jeans slim et t-shirt noir. À 18 ans, il s'installe à New York pour poursuivre des études à la Parsons School of Design et commence à travailler sur sa propre collection pendant son temps libre. Au cours de ses études, il fait un stage chez Marc Jacobs et à la rédaction de Vogue et Teen Vogue. Il rencontre alors Anna Wintour. En 2005, après deux ans à l'école, il se sent prêt. Wang crée son label éponyme avec son frère Dennis. Il présente six silhouettes unisexes mettant en lumière son travail sur la maille. Pour la saison 2007, la première qu’il présente à la fashion week de New York, il sort une première véritable collection pour femmes. les designers de demain la mode au masculin

__Les vêtements de Wang dégagent un sens inné du cool sans effort. Ses inspirations ont associé le hip-hop à Yves Saint Laurent : des casquettes de baseball, des pantalons motard en cuir mince et des pulls oversize à imprimé léopard. Il fabrique le type de vêtements que les femmes volent à leur copain. Très rapidement, il obtient le soutien de Diane von Furstenberg et d’Anna Wintour. Le jeune Wang est lancé. À partir de là, il accumule les trophées et l’estime du monde de la mode et du grand public. En 2008, il est récompensé du prix Vogue/CFDA. En plus de la reconnaissance, il reçoit aussi une grosse somme d’argent (ou un push  comme on dit aux US), qui lui permet de développer ses premières collections.

La même année, il lance sa première collection de sacs. En 2009, il est lauréat du prix Swarovski du Créateur de l’année dans la catégorie prêt-à-porter femme, et du Swiss Textile Award. Cette même année, le créateur lance une deuxième collection de prêt-à-porter plus abordable que la griffe elle-même : T by Alexander Wang et une collection de chaussures. Il crée des it bags comme le Rocco, inspiré des sacs de bowling. En 2011, il est sacré Meilleur Créateur de l’année pour sa collection de prêt-à-porter homme par “GQ” et Meilleur Créateur accessoires par le CFDA. Fin 2012, Wang succède à Nicolas Ghesquière en tant que directeur artistique chez Balenciaga et reste à ce poste jusqu’en octobre 2015, date à compter de laquelle il se consacre essentiellement à ses créations, qui remportent un très vif succès. Chez Balenciaga, le designer à l’esprit non-conformiste crée une version contemporaine de la coupe et des volumes tant chéris par Cristóbal Balenciaga.

__Aujourd’hui, son entreprise est une megabrand. Wang a quatre prix CFDA à son palmarès et plus de 26 boutiques à travers le monde. Ses défilés sont parmi les plus attendus de la Fashion Week. Son nom apparaît même dans les paroles de chansons de rap. À l’occasion de son 32e anniversaire en 2015, bien après ses confrères créateurs, il lance son compte Instagram personnel, @alexwangny. Il sait divertir et parle couramment le langage des réseaux sociaux. Le cool kid de la mode a compris la youth culture, il en est l’un des acteurs principaux.

__Sa mère est chinoise, la famille de son père, espagnole. Il est né à Paris en 1983, où il a grandi. Il vit à New York, depuis dix ans. Joseph Altuzarra est un international. Très tôt, il se nourrit de cet environnement multiculturel et développe comme on dit aux US), qui lui permet de développer ses premières collections.


La même année, il lance sa première collection de sacs. En 2009, il est lauréat du prix Swarovski du Créateur de l’année dans la catégorie prêt-à-porter femme, et du Swiss Textile Award. Cette même année, le créateur lance une deuxième collection de prêt-à-porter plus abordable que la griffe elle-même : T by Alexander Wang et une collection de chaussures. Il crée des it bags comme le Rocco, inspiré des sacs de bowling. En 2011, il est sacré Meilleur Créateur de l’année pour sa collection de prêt-à-porter homme par “GQ” et Meilleur Créateur accessoires par le CFDA. Fin 2012, Wang succède à son goût pour les découvertes, l’art, les ballets, le cinéma. Il quitte la France à 18 ans pour étudier l’art et l’histoire de l’art à l’université de Swarthmore à Philadelphia. En 2004, tout juste diplômé, il fait un stage chez Marc Jacobs, puis travaille en freelance avec Jack McCollough et Lazaro Hernandez de Proenza Schouler. Il enchaîne ensuite chez Rochas avec Nicolas Caito où il apprend la structure du vêtement. Il rentre en France en 2006 et perfectionne son travail de la coupe et du drapé auprès de Riccardo Tisci, pour qui il devient premier assistant chez Givenchy. S'il est profondément attaché à la France, c'est outre-Atlantique qu’Altuzarra a lancé sa griffe. Il fonde sa compagnie de prêt-à-porter, Altuzarra, en 2008 à New York. Il présente alors une quinzaine de pièces à la New York Fashion Week. Son premier défilé sur le podium américain inaugurera la saison printemps-été 2010. Très vite, il est repéré par Anna Wintour et le grand magasin Barneys. Deux ans après, les récompenses se multiplient : Altuzarra reçoit le Ecco Domani Award and Fashion Group International’s Rising Star of the Year en 2010, le prix du CFDA/Vogue Fashion Fund en 2011(ce qui lui permet d’encaisser la somme de 300.000 $ pour investir dans sa toute jeune griffe), et le Swarovski Award catégorie vêtements femme en 2012. En 2013, le groupe Kering devient actionnaire minoritaire d'Altuzarra. Et puis, le 2 juin 2014, c'est l’ultime consécration : le Council of Fashion Designers of America lui attribue le prix du Designer of the year ou créateur de l’année pour le prêt-à-porter féminin.

__Entre culture française et énergie new-yorkaise, Altuzarra dessine une mode destinée aux femmes sexy et sûres d’elles-mêmes. Ses formations entre Paris et New York lui ont permis d’envisager la féminité et la structure du vêtement d’une façon nouvelle, mélangeant les deux influences: l’héritage, le savoir-faire et l’artisanat français à l’aisance américaine. Altuzarra, c’est élégant, c’est sexy, c’est délicat mais c’est aussi confortable. Ses collections sont majoritairement composées de robes qui affichent une féminité forte, avec un détail  apportant un supplément edgy - que ce soit dans l'imprimé, les matériaux ou dans une découpe sophistiquée. Tout est produit en Italie. Il est aussi célèbre pour ses jupes crayon fendues et pour ses chemises en soie. Chaque saison, il offre à ses clientes un univers cosmopolite et ultra féminin.

Les fans de Joseph sont nombreuses : Emily Ratajkowski, Nicole Kidman, Carine Roitfeld, Salma Hayek. En juin 2016, Michelle Obama portait une robe à fleurs Altuzarra lors d'un dîner avec la princesse Lalla Salma au Maroc. Kate Middleton a aussi été aperçue dans une robe bleu ciel Altuzarra. Altuzarra fait définitivement partie de la nouvelle garde des créateurs new-yorkais, avec Alexander Wang, Jason Wu, Prabal Gurung et Proenza Schouler.

Il est l’avenir de la création américaine, avec une French touch.

__Olivier Rousteing est talentueux, provocateur et prometteur. Il grandit dans une famille bordelaise qui l’a adopté à l’âge d’un an. À 18 ans, il déménage à Paris pour étudier à l'École Supérieure des Arts et Techniques de la Mode. Diplômé en 2003, il fait ses premiers pas chez Roberto Cavalli où il devient directeur des collections prêt-à-porter. Il y restera 5 ans. Rousteing est embauché par Balmain en 2009 en tant que designer de prêt- à-porter féminin et travaille en étroite collaboration avec Christophe Decarnin, alors directeur de la création de la maison, qui devient son mentor. Lorsque Decarnin quitte la maison en avril 2011, Rousteing est nommé à la tête de Balmain à l'âge de 24 ans, devenant ainsi le deuxième plus jeune designer depuis Yves Saint Laurent à diriger une maison de couture française établie. Il redonne un souffle de jeunesse à Balmain. Très rapidement, son objectif est de rendre Balmain international, d’en faire un empire global, de faire en sorte que le nom de la marque soit connu sur tous les continents. On peut dire qu’il a réussi.

__Le créateur français est constamment inspiré par la force des femmes qu’il cherche à “empower” (autonomiser) avec ses créations audacieuses. “Une femme qui va porter Balmain est une guerrière”, a-t-il déclaré au British Vogue. “Les femmes que j’habille sont fortes, ce sont des femmes  qui vont changer le monde.” Balmain, c’est l'opposé du minimalisme, c’est le culte du too much : trop de dorure, de lamé, d’argenté, de transparence, de collé-serré.

C’est la référence du bling bling pour socialites et stars du show-biz. Reconnu pour son engagement dans les médias sociaux, le designer hyperconnecté compte 5,4 millions de fans sur Instagram, ce qui en fait le créateur français le plus suivi sur la plate-forme. En fait, Rousteing ne laisse rien au hasard en matière d’image et de communication. Il en est un as. Le chouchou des Kardashian chronique sa vie avec selfies et duck faces sur les réseaux sociaux. Il utilise Instagram pour connecter avec sa Balmain Army ou son Armée Balmain - une force composée de jeunes femmes souvent too hot, too sexy et too connues, notamment Kendall Jenner, Gigi Hadid, Kim Kardashian West et Cara Delevingne. Le clan des #youcantsitwithus par excellence. Alors que ces femmes ont toutes figuré dans des campagnes Balmain, les relations personnelles de Rousteing avec elles, partiellement diffusées sur les réseaux sociaux, sont devenues une partie intégrante, voire même incontournablesde la croissance internationale de lasociété et de l’émergence d’un Balmain contemporain. Olivier et Kim à la plage, Olivier et J-Lo qui jouent à cache-cache,Olivier dans les bras de Rihanna, on sait  tout, on est accro, limite sado et on aimeça. Rousteing est également un ardentdéfenseur de la diversité dans le secteur de la mode, un mantra qui résonne bien avec sa clientèle internationale.

__Côté business, il s’en sort pas mal. En 2016, la société qatarie Mayhoola for Investments débourse 500 millions d’euros pour racheter la marque. En mai 2017, Rousteing annonce une collaboration entreBalmain et L'Oréal Paris sur une collection de rouges à lèvres qu'il a conçue lui- même. Il a cité ce partenariat comme une opportunité de rendre Balmain accessible à un public plus large. Il travaille dans le luxe certes, mais il souhaite rendre accessible l’univers Balmain à ceux qui n’ont pas lesmoyens d’acheter ses vêtements. Cette collaboration est une façon de voir leluxe de manière différente. Bref, le jeune designer a plus d’un tour dans son sac.

__Simon n’a même pas encore 30 ans et il est déjà une figure incontournable de la mode. Le talent et la personnalité dece créateur témoignent qu’à un si jeune âge on peut attirer l’attention des anciens de l’industrie. Simon, c’est un rebelle autodidacte. Il n’a pas intégré d'école de mode, n'a pas été l'assistant d'un grand de la mode, n'a pas fait ses classes dans une maison de couture. Simon PorteJacquemus est né à Mallemort, une petite ville située entre Marseille et Avignon. Il s'installe à Paris à l'âge de 18 ans et s'inscrit brièvement à l'École Supérieure des Arts et Techniques de la Mode. En 2009, un an après le décès de sa mère, il lance sa marque sous son nom de jeune fille, Jacquemus. Il a commencé à travailler au magasin Commedes Garçons en 2011 pour financer son entreprise. Aujourd’hui, il parle de Comme des Garcons comme une étape essentielle de son ascendance. Il a bénéficié du support et du soutien de son ami Adrian Joffe, président de Comme des Garçons et fondateur du concept store Dover Street Market, une des premières enseignes à distribuer Jacquemus. Les collections de Simon Porte Jacquemus sont ludiques.

Elles ont un esprit enfantin et un sentiment de liberté, un peu surréaliste parfois, avec souvent des motifs asymétriques, des silhouettes raides, surdimensionnées, des maquillages expérimentaux et des modèles sans chaussures. La femme Jacquemus estpoétique, légère, souriante. Elle aime vivre.

__Ses références : Simon est un amoureux de la France et de sa culture. Les films des années 80, avec Jean-Paul Belmondo ou Gérard Depardieu, les films d’Isabelle Adjani. Serge Gainsbourg, Charlotte Gainsbourg et Barbara. Il s’inspire de concepts bien français comme la fameuse bande bretonne et en fait des courbes. Il a compris la formule: un mélange de design commercial et conceptuel. Il faut bien vendre. Le designer a désormais son propre studio près de la

Place des Vosges dans le Marais. Esprit années 1980, coupes minimalistes et sens de l’humour séduisent presse et acheteurs.

Ses collections sont vendues par certains des plus grands détaillants au monde, notamment Selfridges, Moda Operandiet Net-a-Porter. Il a également lancé une collection de chaussures et de sacs à main, ainsi qu'une ligne pour hommes.

__Jacquemus a une forte présence sur les réseaux sociaux. Sa tagline “Je m’appelle Simon, j’aime le bleu et le blanc, les rayures, le soleil, les fruits, la vie, la poésie, Marseille et les années 80” reflète l’essence de sa marque et l'honnêteté du créateur. Simon est fun, beau et intelligent.

On a envie de le connaître, de passer du  temps avec lui. Ses images sur Instagram sont amusantes. Le créateur a une approche ludique de la mode et il ne se prend pas au sérieux. Dans cette optique, il a publié un livre de photographies associé à la collection printemps / été 2014 - "La Grande Motte" - une référence à la station balnéaire du Languedoc-Roussillon et à ses expériences dans le Sud. Jacquemus a été finaliste lors du Prix LVMH des jeunes créateurs de mode en 2014 et a remporté leprix spécial au même concours en 2015. En 2017, Jacquemus est invité par la Maison

Méditerranéenne des Métiers de la Mode à monter un podium dans sa ville natale, Marseille. Aujourd’hui le prodige de la mode, c’est plus de 200 points de venteet plus de dix millions d'euros de chiffred'affaires. Il incarne une génération de designers clean avec des valeurs saines.

Gianvito Rossi

__Dans la famille Rossi, je vous présente le fils. Gianvito a fait des études en sociologie et en sciences politiques avant d'intégrer l'entreprise familiale à San Mauro Pascoli, fondée par son père, le créateur de chaussures italien Sergio Rossi en 1966. Auprès de celui-ci, il apprend l’art du stiletto, les formes et les matières, il fabrique des chaussures pour Gianni Versace et Dolce e Gabbana entre autres.

En 2000, Sergio Rossi vend la société au Gucci Group. Fort de cette expérience, Gianvito Rossi décide de suivre son propre chemin, et lance sa propre marque en 2006. Les débuts de sa première ligne ont lieu en 2007 avec la collection printemps-été à l'événement Milano Moda Donna. Dès lors, il se fait un nom dans l’industrie et auprès des stars avec ses chaussures glam net sensuelles. Il faut dire que Gianvito estbien placé pour observer, comprendre et chausser les pieds des femmes. Il a grandi avec l’odeur du cuir doux; évidemment sa mère portait des talons et la maison familiale était située au-dessus de l'usine.

__Gianvito Rossi a construit sa marque avec une dévotion pour la pureté du design. Le chausseur des stars est discipliné, il se soucie de la forme et de la fonctionnalité des chaussures qu’il dessine. Il est très attaché au bien-être des pieds. “Plus haut le talon, n'est pas nécessairement le meilleur choix”, dit- il. “Et je parle en tant que personne, qui conçoit du point de vue d’un homme. Mais si une femme porte un talon trop haut pour elle, cela déforme sa silhouette. La clé c’est l’équilibre, et ne pas être lié à un seul style, [...] portez des baskets un jour et des talons aiguilles le lendemain. L'essentiel,  c'est que la femme porte la chaussure, et non l'inverse.” Les chaussures de Gianvito Rossi sont équilibrées, ni trop hautes, ni trop pointues, avec une esthétique toujours confortable, élégante, séduisante et féminine. Le créateur s'intéresse aux détails et perfectionne la forme tout en gardant à l’esprit la silhouette de la femme. La chaussure Gianvito Rossi, c’est le savoir-faire et non le bling, elle transcende les tendances et le temps. C’est du pur luxe. Des chaussures que nous autres femmes adorerons pendant des années. Elles sont pratiques et conçues pour allonger les jambes et minimiser les douleurs au pied, un argument de vente qui a séduit les consommateurs. Aujourd’hui, Rossi venddans plus de 300 magasins à travers le monde; Hong Kong, Milan, Paris, Londres, New York, Tokyo et Miami sont ses plus grands marchés. Il compte aujourd'hui une liste de clients VIP, dont Gwyneth Paltrow,Penelope Cruz, Reese Witherspoon, Diane Kruger et Sarah Jessica Parker. Il a lancé une collection de baskets en cuir et entoile pour homme. Ces modèles phares sont à l’origine des trois styles les plus copiés de ces dernières années : la sandale Portofino– un stiletto à lanières ; la bottine en velours ; et l’escarpin en plexiglas, où la transparence assure ce parfait mélange entre élégance et sensualité. Le model plexi est un best-seller depuis son lancement en 2011. Plan d’un soir, rendez-vous avec son amoureux, dîner entre copines, présentation devant un conseil d'administration, entretien de boulot ou juste un supermarché, il y toujours une bonne raison de sortir en Gianvito Rossi.

__Pour la mode, institution qui a connu certains des changements commerciaux et culturels les plus importants ces dernières années, la réinvention n’est plus seulement un stratagème de marketing utilisé pour vendre une tendance, c’est un moyen de survie. Louis Vuitton l’a bien compris en tapant à la porte de Virgil Abloh. Designer, DJ, styliste et directeur créatif de Kanye West, l'Américain est probablement le designer le plus cool de sa génération.

Né en 1980 de parents ghanéens, Abloh a grandi à Rockford dans l’Illinois, près de Chicago. Il a obtenu son baccalauréat en génie civil de l’Université du Wisconsin-Madison en 2002 et a ensuite étudié l’architecture à l’Illinois Institute of Technology. Après avoir travaillé dans un cabinet d'architecture pendant deu.  En 2009, il fonde RSVP Gallery, une galerie d'art et une boutique de vêtements pour hommes à Chicago. La même année, il rejoint Donda, l'agence de création de Kanye West, en tant que directeur de la création. En 2012, Abloh lance sa première marque de mode, Pyrex Vision. En 2013, il ferme Pyrex et lance le label de luxe pour hommes et femmes, Off-White, qui combine influences de la rue et du sport à des détails et des finitions précieuses et sophistiquées tirées de l'univers du luxe.

La marque basée à Milan a été reprise par des revendeurs tels que Barney’s et Colette, et est portée par Jay-Z, l'ASAP Rocky, Rihanna ou Beyoncé. En 2015, Off- White est même finaliste du Prix LVMH.

En 2018, Abloh est au top, il est le premier africain-américain à être nommé directeur artistique Homme de la maison Louis Vuitton. Pour Abloh, tout est une affaire de famille. Lors de son premier show pour Louis Vuitton qui a eu lieu dans les jardins du Palais Royal à Paris en juin 2018, il y avait toute sa smala : Kanye et Kim bien sûr mais aussi Bella Hadid, Kylie Jenner, Naomi Campbell, Rihanna et Kid Cudi.

La collection est un succès immédiat et provoque une standing ovation. L’homme Louis Vuitton de Virgil Abloh obtient un upgrade. C’est un hybride, il suit aussi bien les codes du streetwear que ceux du luxe. Son succès, il le doit sans doute à son talent, son ambition et son image en phase avec son époque. Son coup de maître a été d’injecter une bonne dose de street culture à l’ADN artisto et poli de Vuitton. Abloh est hyper connecté (4m de followers sur Instagram). Et pas seulement online. On le voit à New York pour une soirée, puis à Bangkok pour un mix et le lendemain en Inde pour chercher une inspiration. Il est l’incarnation du nouveau monde sans frontières. Ironie ou pas, Louis Vuitton est un malletier à l’origine.

__De plus en plus de maisonsde mode joignent l’utile à l'agréable au travers d'événements et de collaborations, qui ont permis aux consommateurs de se sentir comme s'ils adhèrent à la culture de la marque et à un mode de vie, et pas seulement à des produits portables. Abloh est le roi des collaborations (Nike, Jimmy Choo, Levi's et même Ikea) et il affiche clairement sa volonté de se rapprocher de la culture contemporaine et séduire le consommateur streetwear. La marque de luxe a bien choisi. Virgil Abloh est un designer touche-à-tout, le designer s'ouvre à tous les domaines et tous les styles, et asu s'attirer les faveurs du public comme dela fashion sphere.

Texte: Joëlle Firzli (Washington DC)


    latest issue

    Noun July 2019  Noun-Juillet 2019

    Noun-Juillet 2019