les pompes ! tout un état d’esprit

les pompes ! tout un état d’esprit 

Fratelli Rossetti, une maison qui innove et mise sur l’excellence dans l'amélioration des techniques artisanales a choisi la designer libanaise Nada Debs pour un projet en commun. Les deux créateurs partagent la même passion pour le fait main, la protection de l’héritage et de la culture et surtout pour la perfection. 

__Être à l’aise dans ses pompes ne va pas de soi. Pour la philosophe et psychanalyste Vannina Micheli-Rechtman, “le pied, c’est la fin de notre corps, de la représentation, il nous termine. La chaussure fonctionne comme une protection, elle défend la fragilité de l’image, ponctue la tenue et donne la touche finale”. On accorde donc à cet accessoire une importance telle qu’il finit parfois par dicter le choix de nos vêtements. Selon la psychanalyste Catherine Joubert, “les chaussures, c’est un peu comme les pantoufles de vair de Cendrillon, une affirmation de notre part de princesse, une synthèse du style que l’on veut se donner”. Dans les placards, les étagères ploient sous le poids des chaussures, on leur accorde un espace particulier, on les range par couleurs, par saison, mais on a surtout besoin de toutes les visualiser. Elles reflètent nos états d’âme et les multiples personnalités que nous revêtons au cours d’une même journée. Quand nous pénétrons dans une boutique, deux grandes préoccupations nous animent : le confort, qui soulignera notre démarche, et l’esthétique, qui révélera notre capacité séductrice. Deux préoccupations auxquelles se doivent de répondre les grands chausseurs. Née en 1953 à côté de Milan (capitale de la mode), la maison Fratelli Rossetti partage sa passion pour les chaussures de qualité avec toutes les femmes. Fratelli Rossetti incarne à merveille l’esthétique et la qualité des chaussures italiennes, tant le confort et la qualité sont au rendez-vous. C’est une maison qui encourage l’artisanat et recherche des artisans dans le monde entier. New Artisan Project est lancé en 2016. Il a pour but de donner leur chance aux nouveaux talents à travers tous les pays du monde, produisant des pièces faites à la main de façon à leur permettre de mettre en avant leurs compétences et de parler de l'artisanat d'une manière différente. Voilà comment les chemins de Diego Rossetti et de Nada Debs se sont croisés. 

Quand deux grands créateurs se retrouvent 

__En rencontrant la grande designer libanaise qu’on ne présente plus, Diego Rossetti, président de la griffe et fils du fondateur, avoue avoir trouvé chaussure à son pied. Pour un mélange du travail minutieux, du souci du détail, du produit réfléchi à la perfection en plus de l’esprit créatif, il ne pouvait mieux tomber et de surcroit sur ses deux pieds. Il avoue avoir eu le coup de foudre à peine avait-il traversé le seuil du studio de la designer, situé à Gemmayzé. “Nada Debs, précise Diego Rossetti, n’avait pas besoin de Rossetti pour être lancée. Elle a des bases déjà bien établies et sa notoriété 

n’est plus à discuter, mais au premier coup d’oeil, j’ai succombé à son professionnalisme et à sa philosophie. Avant de voir les tables marquetées, les luminaires ou les sièges, j’ai vu le travail minutieux, l'aspect sur mesure du fait main, et la beauté des détails. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que nous partagions les mêmes valeurs, celles qui protègent la tradition et la font perdurer. Ce qui fait toute la différence, c’est la passion ! Il nous a fallu à peine quelques heures pour se mettre d’accord”. 

__“Il s’est fait, ajoute Nada Debs, que mon rêve a toujours été de dessiner des talons pour des chaussures. Je m’étais d’abord lancée toute seule, comme un hobby. Je m’amusais à mettre des talons sur des chaussures que je ne portais plus. Et puis j’ai eu la chance de collaborer avec Converse, mais que Fratelli Rossetti un jour frappe à ma porte était pour moi tellement invraisemblable, que ça ne m’avait pas effleuré l’esprit.”

À part la légende d’Achille, qu’elle est l’importance du talon ? 

__Les pieds sont le pilier du corps, ils soutiennent, permettent de se déplacer et assurent l’équilibre. Par conséquent, leur stabilité est d’une importance cruciale et ne doit pas être ignorée. Pour Diego, un mauvais talon est une mauvaise chaussure. “Lorsqu’on conçoit une chaussure, on commence toujours par la fin, c’est à dire par la forme de la chaussure et quand on pense à la forme, on se doit d’imaginer tout de suite le talon. Une fois cette étape terminée, le modèle, dans ce qu’il comporte comme création, peut alors intervenir. Le talon que Nada allait créer se devait d’être important dans le volume pour qu’elle puisse avoir la latitude de travailler dessus.” Et Nada Debs d’intervenir : “Chaque pointure a un design différent en millimètres. Il faut beaucoup de dextérité et de doigté pour réaliser ce travail surtout lorsqu’il s’agit d’insérer chaque petite pièce et de faire les bords. Un seul talon exige à peu près une semaine de travail continu.” La chaussure a été exécutée à Milan et le talon dans les ateliers de la designer qui confie qu’“aujourd’hui, je suis ravie de cette collaboration avec l’excellence, elle m’honore et me gratifie”. Quant à Diego Rossetti, qui avoue que la maison Rossetti ne travaille pas pour vivre mais vit pour son travail, la collaboration avec Nada Debs n’était pas à but lucratif, mais pour le plaisir de travailler avec quelqu'un qui partage les mêmes valeurs du travail bien fait. Et le résultat est là.

Texte: Danny Mallat


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